Le faible nombre de demandes empêche-t-il de nommer des aumôniers en prison ?

Pour justifier le refus d’agréer leurs aumôniers, l’administration pénitentiaire et le Garde des Sceaux répondent aux Témoins de Jéhovah qu’il n’y a pas assez de détenus se réclamant de leur culte. Quelle est la pertinence de cet argument ?

Du point de vue juridique, la Cour administrative d’appel de Paris a considéré qu’« aucune disposition législative ou réglementaire ne conditionne la désignation d’un aumônier à un nombre minimum de détenus susceptibles de recourir à son assistance spirituelle » (1). Les Cours administratives d’appel de Nancy et de Douai sont arrivées à la même conclusion (2).

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Existe-t-il une liste officielle des sectes en France ?

Depuis 2005, le gouvernement a clairement pris position contre l’établissement de quelconques listes de mouvements sectaires et a fortiori contre toute action publique motivée par celles-ci. Le ministère de l’Intérieur l’a rappelé à plusieurs reprises, comme dans sa circulaire du 23 janvier 2009 définissant les orientations en matière de lutte contre les dérives sectaires :

« La circulaire du Premier ministre du 27 mai 2005 relative à la lutte contre les dérives sectaires a nettement indiqué la nécessité de passer d’une référence de listes de mouvements susceptibles de commettre des dérives sectaires à une logique visant à rechercher et à qualifier juridiquement des faits qui peuvent être réprimés. Je vous demande de bien vouloir orienter l’action de vos services dans cette direction en les mobilisant grâce au dispositif présenté par ma circulaire du 25 février 2008. » (1)

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Quelle est la valeur juridique des rapports parlementaires sur les sectes ?

Tant le gouvernement français que les juridictions nationales et européennes ont régulièrement rappelé que ces documents parlementaires n’emportent qu’un rôle informatif, n’ayant en aucun cas une quelconque valeur juridique ou normative.

Dans sa circulaire du 20 décembre 1999 adressée aux préfets, le ministre de l’Intérieur a fait cette mise au point :

« Ces rapports parlementaires ne constituent qu’un élément d’information et de proposition, ils ne prétendent pas avoir valeur normative et ne sauraient fonder ni des distinctions entre les associations qualifiées de « sectaires » et celles qui ne le sont pas au regard desdits rapports ni des sanctions quelconques. »

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La cour européenne ignore-t-elle les dérives sectaires prêtées aux Témoins de Jéhovah ?

Face aux arrêts successifs de la Cour européenne des droits de l’homme qui protègent les libertés religieuses des Témoins de Jéhovah, divers militants prétendent que la juridiction suprême n’a pas conscience des dérives sectaires de la dénomination chrétienne. Est-ce vraiment le cas ?

Contrairement à ce que laissent entendre ces personnes engagées dans la lutte contre certaines minorités spirituelles, les juges européens ne prennent pas leurs décisions à la légère. Ils examinent chaque affaire dans le fond, ainsi que les conséquences de leur prise de position finale.

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L’association cultuelle ne serait-elle qu’un statut purement fiscal ?

Maintenant qu’il est manifeste que les Témoins de Jéhovah bénéficient du statut d’association cultuelle, leurs détracteurs minimisent la portée de cette « petite reconnaissance » en la limitant à une affaire « purement » fiscale.

Rappelons que c’est la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État qui a créé ce nouveau type d’association, en précisant les conditions limitatives à sa création. Ce texte ne traite à aucun moment de questions fiscales. Il a plutôt proposé un moyen de « subvenir aux frais, à l’entretien et à l’exercice public d’un culte » et de gérer les propriétés cultuelles nécessaires à cette fin.

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Quelle est l’ampleur du danger pour les enfants dans les mouvements sectaires ?

La commission d’enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs estimaient les enfants en danger au sein des sectes en France entre 40 000 et 80 000 (1). Du simple au double, cela laisse entrevoir la fiabilité des chiffres… En réalité, les faits indiquent un problème plutôt marginal.

Bien avant les travaux des députés, le Guide de l’agent public face aux dérives sectaires, publié par la Miviludes en 2005, admettait que « le nombre de dossiers de mineurs en danger est relativement faible au plan national (une enquête a montré en 2003 que sur 54 000 dossiers d’assistance éducative, seuls 192 présentaient un lien avec une problématique sectaire) » (2).

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La condamnation de la France par la CEDH ne serait qu’un point technique fiscal ?

L’État français est condamné pour la première fois par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour violation de l’article 9 de la convention, défendant à l’occasion la liberté de religion des Témoins de Jéhovah (1).

Loin de reconnaître son erreur causée par le lobbying d’une poignée de parlementaires, le gouvernement préfère « minimiser la portée de cet arrêt », comme le révèle franchement Le Monde (2). Selon le ministère de l’Intérieur, il s’agirait seulement d’un « point technique » et non d’une « question de principe ». Quant au cabinet du Premier ministre, il parle de simple « point de législation fiscale ».

La Convention européenne des droits de l’homme ne traite pas de détails sans importance sur la formulation d’un texte de droit. Ici, les juges européens ont conclu à l’unanimité que la taxation du denier du culte à 60 % portait atteinte à la liberté de religion. Ce droit fondamental n’est-il pas un grand principe à garantir ?

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La présence de Témoins de Jéhovah en prison poserait-elle problème ?

Pour empêcher l’agrément d’aumôniers qui interviendraient dans les prisons, le président de la Miviludes met en avant la dangerosité et le prosélytisme qui en découlerait à l’intérieur des lieux de détention. (1)

Pourtant, comme le signale Jean-Claude Pons, en tant que porte-parole du Consistoire national des Témoins de Jéhovah sur France Culture : « Il y a plus d’une vingtaine d’années en arrière, il y avait des objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah dans les prisons. Et à l’époque, les ministres du culte pouvaient leur rendre visite et avoir des salles dans lesquelles le culte était exercé. » (2)

Cela ne posait aucun problème à l’époque. Bien au contraire, ils avaient même gagné la confiance de la direction des service pénitentiaire en apportant une large contribution au bon fonctionnement des établissements où ils se trouvaient.

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Quels pays reconnaissent les mariages des Témoins de Jéhovah ?

Plusieurs pays d’Europe reconnaissent les mariages des Témoins de Jéhovah, dont on peut relever quelques exemples notables :

- Au Royaume-Uni, leurs cérémonies de mariage prennent des effets civils.

- En Italie, leurs ministres du culte célèbrent des mariages civils depuis 1976.

- Au Danemark, en tant que « culte reconnu » avant 1970, ils tiennent des registres d’état civil et leurs mariages sont civilement valables.

- En Suède, ils peuvent pratiquer des mariages valides devant l’état civil.

Pourquoi la presse juridique a-t-elle critiqué la taxation des Témoins de Jéhovah ?

Lorsque l’imposition des offrandes religieuses reçues par l’Association les Témoins de Jéhovah a été confirmée par les juridictions françaises, l’ensemble de la presse juridique a exprimé son étonnement face à cette mesure fiscale à l’encontre des associations à but non lucratif. Au mieux, les uns se sont contentés de prendre acte de cette nouvelle interprétation de la loi. Au pire, d’autres ont vivement critiqué ce redressement fiscal, qui était contraire à la pratique administrative jusque-là et à la volonté du législateur.

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